[Suite du 2613 et fin] - Un troisième a les deux mains emportées, ses deux mains de cultivateur ou d'ouvrier, ses machines, son gagne-pain, dont il disait probablement, pour prouver son indépendance: "Quand un homme a ses deux mains, il trouve partout du travail." Elles lui manquent déjà pour souffrir, pour satisfaire ce besoin si naturel, si habituel, qui consiste à les porter à l'endroit douloureux, qu'elles serrent, afin de calmer. Elles lui manquent pour se tordre, se crisper et supplier. Celui-là ne pourra jamais plus toucher. Je réfléchis que c'est peut-être le plus précieux des sens.
Gabriel Chevallier, La peur, Poche, p. 118.
mardi 14 mars 2023
Figures (2614)
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire