Parfum, jeune fille, harmonie...
Le bonheur passait, - il a fui!
Nerval, Une allée du Luxembourg (odelette).
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dimanche 5 octobre 2025
Bonheur (74)
jeudi 27 mars 2025
Bizarres (7)
Gérard de Nerval promenait un homard en laisse sous les galeries du Palais royal. 42 (1990)
jeudi 18 janvier 2024
Écrivains (25)
Il est dangereux de passer trop tôt pour un écrivain de bon sens: c'est le privilège des médiocrités mûres.
Nerval, La bohème galante.
samedi 10 août 2019
Figures (573)
Je ne suis pas plus halluciné que Gérard de Nerval ou Van Gogh, lesquels, un jour, y avaient vu trop clair; alors la bestialité sexuelle de la masse les a fait mettre au rancart.
Artaud, Lettre à P. Brasseur.
Artaud, Lettre à P. Brasseur.
dimanche 10 mars 2019
Mots de la fin (52)
Dernier message de Gérard de Nerval, envoyé à sa tante Labrunie le 24 janvier 1855 (on le retrouvera pendu le 26 à l'aube): "Ne m'attends pas ce soir, car la nuit sera noire et blanche." Paris était sous la neige, et Gérard n'avait pas de manteau.
jeudi 30 novembre 2017
Alexandrins (19)
Je suis le penailleux, la peau, le chiffonné,
La patoche à mitaine aux ongles dévernis;
Ma gueule est sale et moche et mon œil erroné
Porte le seul regard que Dieu n'ait pas fourni.
Du fond du caniveau toi qui m'as retiré
Presse mon oripeau et ma toile noircie,
Rends-moi l'humain aspect que j'ai trop ignoré,
La voix fraîche et le cœur à jamais adouci.
Suis-je enseigne ou haillon? Suis-je brave ou poltron?
Mes pieds sont noirs encore du limon de ma soue.
J'ai tant cauchemardé que Jésus m'en absout.
Mais c'est de ton œil bleu qu'il me faut le pardon;
La grâce du guerdon ta main me donnerait,
La merci de ton souffle une âme me rendrait.
La patoche à mitaine aux ongles dévernis;
Ma gueule est sale et moche et mon œil erroné
Porte le seul regard que Dieu n'ait pas fourni.
Du fond du caniveau toi qui m'as retiré
Presse mon oripeau et ma toile noircie,
Rends-moi l'humain aspect que j'ai trop ignoré,
La voix fraîche et le cœur à jamais adouci.
Suis-je enseigne ou haillon? Suis-je brave ou poltron?
Mes pieds sont noirs encore du limon de ma soue.
J'ai tant cauchemardé que Jésus m'en absout.
Mais c'est de ton œil bleu qu'il me faut le pardon;
La grâce du guerdon ta main me donnerait,
La merci de ton souffle une âme me rendrait.
lundi 31 juillet 2017
Horizons (35)
"Nul texte ne met mieux en lumière les liens qui unissent l'amour au passé que Sylvie de Gérard de Nerval. Au début de ce récit, Nerval nous fait part de son amour pour une actrice, Aurélie. Sortant d'une représentation où il est allé pour la voir, il se rend dans un cercle et, feuilletant un journal, y trouve une rubrique : "Fête du bouquet provincial", qui éveille en lui le souvenir de sa province. Ce souvenir le hante toute la nuit. Il se voit à une fête de village avec son amie Sylvie. Mais ce jour-là vint Adrienne, la petite fille des châtelains. Comme l'actrice, elle chanta, et devant un public. Comme l'actrice, elle était lointaine, refusée, parée, illuminée par les rayons de la lune comme par les feux de la rampe. Gérard de Nerval évoque ces images : "A mesure qu'elle chantait, l'ombre descendait des grands arbres, et le clair de lune naissant tombait sur elle seule, isolée de notre cercle attentif." Et ce souvenir suffit à éclairer l'amour pour la cantatrice : "Tout m'était expliqué par ce souvenir à demi rêvé. Cet amour vague et sans espoir, conçu pour une femme de théâtre, qui, tous les soirs, me prend à l'heure du spectacle pour ne me quitter qu'à l'heure du sommeil, avait son germe dans le souvenir d'Adrienne, fleur de la nuit éclose à la pâle clarté de la lune, fantôme rose et blond glissant sur l'herbe verte à demi baignée de blanches vapeurs."
Dès lors Gérard de Nerval ne sait plus s'il aime Adrienne ou Aurélie. Sa passion oscille entre elles. Et comme si l'amour pour l'actrice, se sentant menacé par le souvenir d'Adrienne qui, le ramenant à sa source, risque de le détruire et de le dissiper, tentait, pour se sauver, d'identifier les deux images, Nerval se demande si Aurélie ne serait pas Adrienne. La passion est refus du temps : elle semble pressentir ici que la connaissance du temps sera sa perte. Elle affirme donc que le passé est présent encore, que l'actrice est la châtelaine. Mais la passion ne saurait triompher de la vérité. Gérard de Nerval amène Aurélie devant le château d'Adrienne, nulle émotion ne paraît en elle. Alors il lui raconte tout, lui dit "la source de cet amour entrevu dans les nuits, rêvé plus tard, réalisé en elle." Et Aurélie comprend, et fait comprendre à Gérard de Nerval, qu'il n'aime en elle que son passé. [...] Ici l'amour refuse le temps, affirme que le passé n'est pas mort, que l'absent est présent, il se trompe d'objet, se montre incapable de saisir les êtres dans leur actuelle particularité, dans leur essence individuelle. Il se souvient en croyant percevoir, il confond, il se berce de rêve, il forge la chimère de l'éternité."
Ferdinand Alquié, Le désir d'éternité.
Dès lors Gérard de Nerval ne sait plus s'il aime Adrienne ou Aurélie. Sa passion oscille entre elles. Et comme si l'amour pour l'actrice, se sentant menacé par le souvenir d'Adrienne qui, le ramenant à sa source, risque de le détruire et de le dissiper, tentait, pour se sauver, d'identifier les deux images, Nerval se demande si Aurélie ne serait pas Adrienne. La passion est refus du temps : elle semble pressentir ici que la connaissance du temps sera sa perte. Elle affirme donc que le passé est présent encore, que l'actrice est la châtelaine. Mais la passion ne saurait triompher de la vérité. Gérard de Nerval amène Aurélie devant le château d'Adrienne, nulle émotion ne paraît en elle. Alors il lui raconte tout, lui dit "la source de cet amour entrevu dans les nuits, rêvé plus tard, réalisé en elle." Et Aurélie comprend, et fait comprendre à Gérard de Nerval, qu'il n'aime en elle que son passé. [...] Ici l'amour refuse le temps, affirme que le passé n'est pas mort, que l'absent est présent, il se trompe d'objet, se montre incapable de saisir les êtres dans leur actuelle particularité, dans leur essence individuelle. Il se souvient en croyant percevoir, il confond, il se berce de rêve, il forge la chimère de l'éternité."
Ferdinand Alquié, Le désir d'éternité.
mardi 3 mars 2015
Opérette
Le monde meringué où l'inconsolable inconsolé est vite consolé par les ribouldingues endiablées où l'entraînent trois noceurs de rencontre, où le veuf rambiné fait des galipettes et des joyeusetés avec des p'tites qui lèvent la jambe pendant qu'il lève le coude, et où le jeune premier ténébreux, vrai gigolo tartuffiard, ne pense qu'à l'héritage dodu en contant sa fleurette rance à une rombière boucanée des jambons, où tout ronfle et rhombe comme une toupie ensorcelée, vire et dégosille dans un abyssal néant, qu'est-ce?
L'opérette! Je suis, nous sommes, vous êtes affligés pour ces pauvres Viennois qui n'ont rien transmis de mieux (de pire?) à notre civilisation que cette fuite cavalcadante devant leur "vide éthique" (le nôtre peut-être), comme dit Hermann Broch, qui les connaissait bien.
[ Ce texte-prétexte cache le vers liminaire de quel célèbre poème? ]
L'opérette! Je suis, nous sommes, vous êtes affligés pour ces pauvres Viennois qui n'ont rien transmis de mieux (de pire?) à notre civilisation que cette fuite cavalcadante devant leur "vide éthique" (le nôtre peut-être), comme dit Hermann Broch, qui les connaissait bien.
[ Ce texte-prétexte cache le vers liminaire de quel célèbre poème? ]
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