La bêtise est parfois dangereuse (le pavé de l'ours) mais la connerie l'est toujours, en acte ou en puissance. Toutes les radicalisations ont à l'origine un grave déficit de jugement et une totale absence de tolérance ou de simple ouverture d'esprit.Le danger vient moins de l'ignorance (bêtise) que de la croyance (connerie fanatalisable). 102.109 ( 2020)
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samedi 7 décembre 2024
Bêtise (53)
mercredi 23 mai 2018
Figures médiatiques (216)
Claude Melki, acteur fétiche de Pollet, véritable Buster Keaton de Strasbourg-Saint-Denis, est tellement émouvant* qu'on se demande finalement qui, du reste du monde ou de Léon, est le plus con.
Guillemette Olivier.
*Dans L'amour c'est gai, l'amour c'est triste.
Guillemette Olivier.
*Dans L'amour c'est gai, l'amour c'est triste.
samedi 14 avril 2018
Faits et dits enfantins (649)
Bastien (12 ans) ne supporte plus le collège où il est actuellement demi-pensionnaire en 5è. "Tous des cons!" dit-il, élèves et professeurs. Il voudrait être interne l'année prochaine dans une classe à horaire aménagé, et consacrer ses après-midis à la musique.
Il dit : "Les Noirs ont toujours une mort atroce dans les films".
Il dit : "Les Noirs ont toujours une mort atroce dans les films".
mardi 6 février 2018
mardi 28 novembre 2017
mardi 26 septembre 2017
Figures médiatiques (10)
Claude Contamine, 57 ans, en s'installant à Antenne 2, a réclamé un ascenseur pour lui tout seul afin de ne pas se mélanger avec le personnel. Toute la rédaction le surnomme Oiseautamine, à cause de cette histoire : un jour, il doit remettre un prix à Chaval pour son ouvrage Les oiseaux sont des cons. Claude Contamine lit le titre : Les oiseaux sont des... Il hésite, se racle la gorge, puis lâche : Les oiseaux sont des oiseaux. Chaval prend la parole, remercie "son père, sa mère et monsieur... monsieur... Oiseautamine." La blague court les couloirs d'Antenne2 en toute liberté.
Serge Raffy, N.Obs. 1159 du 23/01/87.
Serge Raffy, N.Obs. 1159 du 23/01/87.
vendredi 18 novembre 2016
Trop bon?
Etre trop bon, est-ce être con? Je ne le crois pas. Le con est un être obscur, fermé sur lui-même, d'une densité de cuir supérieure à la moyenne. Son cerveau reçoit peu de lumière. Encore est-ce une lumière brouillée, hantée de préjugés et de chimères. Le con n'est pas généreux (ou alors il n'est que concon). Le con est au volant de sa science qu'il croit être le savoir, il lui arrive même de lire Marx ou Marc Aurèle, mais c'est pour en rembourrer sa suffisance, et rouler sur les frontières d'autrui. le con croit qu'il a déjà pensé et qu'il n'a plus besoin de réfléchir.
L'homme bon est, à l'inverse, même s'il l'est trop (mais comment peut-on être "trop" bon?) quelqu'un qui ne vit pas que dans un corps, le sien, avec toutes ses limites. Il a de l'imagination : son espace mental est vaste, mais son esprit est mesuré. Il sait modaliser ses expériences, con-sentir à l'autre, sentir avec lui. L'homme bon ne généralise pas, il distingue. Il ne solennise jamais. L'homme bon est d'abord généreux avec lui-même, car la générosité n'est entière qu'universelle : en pénétrant le coeur des autres, l'homme bon explore son propre cœur.
Faudrait-il régler sa bonté comme on règle sa montre? Ce ne serait plus une bonté mais un calcul. La bonté ne tolère pas d'autre adverbe que trop. C'est bien ce que pensait Orgon, le père de Silvia, l'héroïne du Jeu de l'amour et du hasard : Dans ce monde, il faut être un peu trop bon pour l'être assez." Et qu'on ne prenne pas l'un peu pour une restriction, car c'est un signe de modestie. Lhomme bon est aussi un homme humble.
L'homme bon est, à l'inverse, même s'il l'est trop (mais comment peut-on être "trop" bon?) quelqu'un qui ne vit pas que dans un corps, le sien, avec toutes ses limites. Il a de l'imagination : son espace mental est vaste, mais son esprit est mesuré. Il sait modaliser ses expériences, con-sentir à l'autre, sentir avec lui. L'homme bon ne généralise pas, il distingue. Il ne solennise jamais. L'homme bon est d'abord généreux avec lui-même, car la générosité n'est entière qu'universelle : en pénétrant le coeur des autres, l'homme bon explore son propre cœur.
Faudrait-il régler sa bonté comme on règle sa montre? Ce ne serait plus une bonté mais un calcul. La bonté ne tolère pas d'autre adverbe que trop. C'est bien ce que pensait Orgon, le père de Silvia, l'héroïne du Jeu de l'amour et du hasard : Dans ce monde, il faut être un peu trop bon pour l'être assez." Et qu'on ne prenne pas l'un peu pour une restriction, car c'est un signe de modestie. Lhomme bon est aussi un homme humble.
jeudi 3 septembre 2015
Michel Audiard et Frédéric Dard
L'audiard et le Dard se la jouent pouët-pouët, se martèlent les flancs pour en faire jaillir le vent bruyant du mot qui claque ou de l'expression qui fouette. On sourit parfois, mais ça sent la forge, le remugle couillard, l'au-fait mariolle et la bêche hâbleuse. leur leitmotiv est la connerie du cave, leur repoussoir. C'est qui, le cave? Nous et le monde entier. Il y a les "hommes", les affranchis, les mecs à la redresse, c'est-à-dire eux et leurs potes, leurs "poteaux", et il y a les caves: ça fait du peuple et du gibier pour ces chasseurs de bons mots gratuits sinon désintéressés.
Mais la connerie est une notion délicate, elle peut se montrer rétive voire retorse. C'est comme une manivelle, gare aux retours!
les cons, malins ou pas malins, on les trouve autant chez les émancipés comme Dard et Audiard; ce sont tout simplement ceux qui manquent de cette sensibilité imaginative qui consiste à savoir se mettre à la place d'autrui. Si vous n'avez pas assez de pénétration pour appréhender l'humain dans le con, vous êtes peut-être un con vous-même.
Pitié pour les cons, nous en venons, nous en sommes. En revanche, tous les hommes libres sont les bienvenus quand ils s'en prennent à la foutaise.
Dans L'Art de dire des foutaises (On Bullshit), Harry G. Frankfurt dénonce la connerie des puissants, qu'il appelle foutaise, parce qu'elle veut "nous la mettre", c'est-à-dire nous entuber.
"Celui qui dit une connerie, quand il est surpris, n'est pas fier de soi. Le grossiste en foutaises, lui, prospère sans crainte: la vérité n'est pas son rayon, il est à l'abri. Voilà pourquoi l'empire de la foutaise accroît son emprise, mettant sur le marché des modèles de plus en plus faciles à écouler et à dupliquer. Impuissance de la connerie, puissance de la foutaise, auraient dit les vieux maîtres." (Roger-Pol Droit).
Ce qu'il manque aux Dard et Audiard, c'est de savoir distinguer la connerie du pauvre de la foutaise du riche.
Pourquoi Audiard et Dard? parce que je viens de revoir Ne nous fâchons pas, et de lire un peu du DicoDard, tout juste paru.
Mais sorti de son rôle de San-Antonio, Dard est sans doute un homme fréquentable et un écrivain lucide, "un petit auteur dauphinois, à la sauvette, à la manque, à la con, plein de sa folie d'écrire, et qui écrit vaille que vaille, rien qui vaille beaucoup, hélas, mais en grande passion, crois-le et pardonne-lui." (Frédéric Dard, Y a-t-il un Français dans la salle?)
Quant à Audiard... Je me souviens d'une émission télévisée où il était affronté à Robbe-Grillet! Le terrorisme "littéraire" c'était ça, c'était d'être sommé de choisir entre la pontifiance et le rigolard, entre deux réalistes au sens rhétorique, le vélo-saucisson-camembert et le sadomasochisme glacé du Trans-Europe-Express.
Heureusement,en retrait du turlupin avantageux il y avait l'homme sincère, le véritable Audiard ou plutôt l'Audiard véritable et véridique, celui qui fut capable d'écrire Le jour, la nuit, et toutes les autres nuits, après la mort accidentelle de son fils.
C'est simple, la connerie: pour en sortir il suffit de ne pas s'y complaire.
Mais la connerie est une notion délicate, elle peut se montrer rétive voire retorse. C'est comme une manivelle, gare aux retours!
les cons, malins ou pas malins, on les trouve autant chez les émancipés comme Dard et Audiard; ce sont tout simplement ceux qui manquent de cette sensibilité imaginative qui consiste à savoir se mettre à la place d'autrui. Si vous n'avez pas assez de pénétration pour appréhender l'humain dans le con, vous êtes peut-être un con vous-même.
Pitié pour les cons, nous en venons, nous en sommes. En revanche, tous les hommes libres sont les bienvenus quand ils s'en prennent à la foutaise.
Dans L'Art de dire des foutaises (On Bullshit), Harry G. Frankfurt dénonce la connerie des puissants, qu'il appelle foutaise, parce qu'elle veut "nous la mettre", c'est-à-dire nous entuber.
"Celui qui dit une connerie, quand il est surpris, n'est pas fier de soi. Le grossiste en foutaises, lui, prospère sans crainte: la vérité n'est pas son rayon, il est à l'abri. Voilà pourquoi l'empire de la foutaise accroît son emprise, mettant sur le marché des modèles de plus en plus faciles à écouler et à dupliquer. Impuissance de la connerie, puissance de la foutaise, auraient dit les vieux maîtres." (Roger-Pol Droit).
Ce qu'il manque aux Dard et Audiard, c'est de savoir distinguer la connerie du pauvre de la foutaise du riche.
Pourquoi Audiard et Dard? parce que je viens de revoir Ne nous fâchons pas, et de lire un peu du DicoDard, tout juste paru.
Mais sorti de son rôle de San-Antonio, Dard est sans doute un homme fréquentable et un écrivain lucide, "un petit auteur dauphinois, à la sauvette, à la manque, à la con, plein de sa folie d'écrire, et qui écrit vaille que vaille, rien qui vaille beaucoup, hélas, mais en grande passion, crois-le et pardonne-lui." (Frédéric Dard, Y a-t-il un Français dans la salle?)
Quant à Audiard... Je me souviens d'une émission télévisée où il était affronté à Robbe-Grillet! Le terrorisme "littéraire" c'était ça, c'était d'être sommé de choisir entre la pontifiance et le rigolard, entre deux réalistes au sens rhétorique, le vélo-saucisson-camembert et le sadomasochisme glacé du Trans-Europe-Express.
Heureusement,en retrait du turlupin avantageux il y avait l'homme sincère, le véritable Audiard ou plutôt l'Audiard véritable et véridique, celui qui fut capable d'écrire Le jour, la nuit, et toutes les autres nuits, après la mort accidentelle de son fils.
C'est simple, la connerie: pour en sortir il suffit de ne pas s'y complaire.
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