Un bouddhiste peut professer n'importe quelle religion, pourvu qu'il suive la loi. L'important c'est le salut et les quatre nobles vérités: la souffrance, la cause de la souffrance, la destruction de la souffrance et le moyen pour parvenir à la destruction de la souffrance. Après quoi on trouve le nirvana. Peu importe dans quel ordre se présentent les vérités. On a dit qu'elles correspondaient à une vieille tradition médicale ayant pour objet la maladie, son diagnostic, son traitement et sa guérison. La guérison, en l'occurrence, c'est le nirvana.
Borges, Conférences.
lundi 6 avril 2026
Bouddhisme (11)
mardi 26 août 2025
Bonheur (36)
Le bonheur, ce n'est pas d'être heureux; c'est de pouvoir souffrir par une créature dont le besoin vous fait sentir violemment que vous vivez.
Robert Margerit, Le dieu nu.
mardi 8 juillet 2025
Amour et connaissance (4)
Ah, ce que je sais, tout autre le peut savoir - mon cœur, je suis seul à l'avoir.
Gœthe, Werther.
samedi 24 août 2024
Le beau et le laid (19)
[Suite du 18] - Le tropisme du laid est cependant plus rare, parce qu'il relève d'un érotisme meurtri, baignant dans un fond de ressentiment. Il ne procède pas de l'amour, mais d'une souffrance en souffrance. C'est un tropisme altéré, dont ne sont pas exempts certains artistes ou écrivains (Houellebecq, par exemple). (À suivre)
mercredi 11 octobre 2023
Beauté (31)
Combien ce peuple a dû souffrir pour atteindre à tant de beauté!...
Nietzsche, La naissance de la tragédie.
jeudi 14 septembre 2023
Ambition (6)
En normand, "ambition" signifie la douleur d'être séparé, un chien peut mourir d'ambition.
Annie Ernaux, Une femme.
mercredi 2 août 2023
Figures (2719)
[Suite du 2717) - Je pouvais dire, comme le Narrateur proustien à la mort de sa grand-mère: "Je ne tenais pas seulement à souffrir, mais à respecter l'originalité de ma souffrance"; car cette originalité était le reflet de ce qu'il y avait en elle d'absolument irréductible, et par là même perdu d'un seul coup à jamais." (À suivre)
Barthes, ib.
dimanche 30 avril 2023
Baroque (8)
Les lys me semblent noirs, le miel aigre à outrance,
Les roses sentir mal, les œillets sans couleur,
Les myrtes, les lauriers ont perdu leur verdeur,
Le dormir m'est fâcheux et long en votre absence.
Mais les lys fussent blancs, le miel doux, et je pense
Que la rose et l'œillet ne fussent sans honneur,
Les myrtes, les lauriers fussent verts; du labeur
j'eusse aimé le dormir avec votre présence,
Que si loin de vos yeux, à regret m'absentant,
Le corps endurait seul, étant l'esprit content:
Laissons le lys, le miel, roses, œillets déplaire,
Les myrtes, les lauriers dès le printemps flétrir,
Me nuire le repos, me nuire le dormir,
Et que tout, hormis vous, me puisse être contraire.
Agrippa d'Aubigné, Hécatombe à Diane.
mercredi 22 juin 2022
Figures (2480)
Chaque récit, chaque phrase, est d'abord crié dans une pièce vide: quand j'écris, je parle tout seul, toujours. Je crie, je profère des menaces, je pleure. Je suis incapable de faire cesser ces larmes. C'est seulement à la fin, lorsque le récit ou une partie du récit est terminé, que j'essuie mes larmes.
Varlam Chalamov, A propos de ma prose.
dimanche 3 octobre 2021
Ascétisme (9)
"... la privation, la souffrance facilitent le progrès moral et sont plutôt une bonne chose. Idéologiquement, il est donc clair que la doctrine stoïcienne était beaucoup plus propice à être récupérée par tous ceux qui pensent qu'il faut aux esclaves une petite religion leur permettant de serrer les dents. C'est d'ailleurs ce qui se produira: deux ou trois siècles à l'avance, le stoïcisme fera le lit du christianisme, tandis que l'épicurisme deviendra une doctrine persécutée."
Jean Salem*, Pourquoi je suis épicurien, in N.Obs. 2283 du 07/08/08.
*Jean Salem est le fils d'Henri Alleg.
jeudi 8 juillet 2021
Art (320)
(Suite du 319) - A présent, il y a ce chant de saxophone. Et j'ai honte. Une glorieuse petite souffrance vient de naître, Une souffrance-modèle. Quatre notes de saxophone. Elles vont et viennent, elles ont l'air de dire: "Il faut faire comme nous, souffrir en mesure." Eh bien, oui! Naturellement, je voudrais bien souffrir de cette façon-là, en mesure, sans complaisance, sans pitié pour moi-même, avec une aride pureté. Mais est-ce que c'est ma faute si la bière est tiède au fond de mon verre, s'il y a des taches brunes sur la glace, si je suis de trop, si la plus sincère de mes souffrances, la plus sèche se traîne et s'appesantit, avec trop de chair et la peau trop large à la fois, comme l'éléphant de mer, avec de gros yeux humides et touchants mais si vilains? (A suivre)
Sartre, La nausée, Poche, 1962, p. 245.
vendredi 8 janvier 2021
Art (168)
Le dieu des artistes, c'est leur art [...]. Ce dieu-là n'est pas secourable, c'est un dieu qui vit d'eux et s'évanouit quand ils auraient besoin de lui. Il les laisse avec leurs blessures et cette grande faim de l'absolu qu'aucune beauté n'apaise jamais tout à fait.
Marie-Alain Couturier.
mercredi 21 août 2019
vendredi 16 août 2019
Figures (580)
Antonin Artaud, Le Pèse-nerfs.
mercredi 23 janvier 2019
mercredi 5 septembre 2018
Estacadres (432)
Proust, Sodome et Gomorrhe.
mercredi 28 février 2018
Les mots à l'oreille (39)
mercredi 29 novembre 2017
mardi 28 novembre 2017
lundi 14 août 2017
Estacadres (142)
Casanova, Mémoires (poche, t.1, p.73).