Je n'ai jamais été aussi heureux que depuis que j'ai cessé de travailler pour vivre. Je vis maintenant pour travailler... à ce que j'aime: écrire et lire, lirécrire. Et en effet je suis heureux, tristement heureux. 101.98 (2020)
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dimanche 19 octobre 2025
Bonheur (87)
mercredi 15 novembre 2023
Écriture et lecture (8)
Si vous ne lisez pas vous écrivez comme quelqu'un qui voudrait apprendre à nager sans eau.
Michel Chaillou, à ses étudiants d'I.U.T.
mercredi 8 novembre 2023
lundi 9 mai 2022
dimanche 27 novembre 2016
Etymaginaire (20)
Confesseur - Nicodème à paume chaude.
George W. Bush - Pasquin texan à la faconde labiale contredite et soulignée par une fixité oculaire péclotante. La gorge est adoucie au gingembre, et les paluches en tronches de bols font au monde offrande de visions compulsives et d'optimisme en cul de poule.
Lirécrire - S'écrire avec la main d'un autre et se lire avec sa voix. Faire l'amour sans liens. Marcher des deux pieds. Faire d'un crincrin une lyre. Ballaster ses colères.
Lumignon - Joli moignon de lumière.
George W. Bush - Pasquin texan à la faconde labiale contredite et soulignée par une fixité oculaire péclotante. La gorge est adoucie au gingembre, et les paluches en tronches de bols font au monde offrande de visions compulsives et d'optimisme en cul de poule.
Lirécrire - S'écrire avec la main d'un autre et se lire avec sa voix. Faire l'amour sans liens. Marcher des deux pieds. Faire d'un crincrin une lyre. Ballaster ses colères.
Lumignon - Joli moignon de lumière.
mercredi 8 juillet 2015
Lecture
Dès que j'ai su lire, j'ai lu. J'ai réécrit ma vie. J'ai récolté les soupirs et les pensées du monde. J'ai haussé mon coeur et mon esprit. Je me suis lu dans le miroir du temps et de l'espace. J'ai lu en me souvenant que je lisais. Je croyais lire et je rêvais. Le ruban des mots était comme le serpent du charmeur, mais c'était son charme à lui qui me pénétrait. Je ne lisais pas pour vivre, je vivais pour lire. La lecture n'était pas pour moi une action, mais une passion. Elle m'aspirait ou me frottait, me durcissait ou m'allégeait, m'enlevait non comme une plume mais comme une pierre saisie par un magnétisme inconnu, poli et lavée par le flux et le reflux des phrases, alestée et promise au vol.
Lire, lire, et ne jamais épuiser la lecture, car ce que je cherche ne se lit pas mais m'appelle à travers la lecture.
Je ne lis pas pour passer le temps, mais pour le faire durer, au contraire, le retenir - jusqu'à l'illusion de l'éternité ? - sur les marches mêmes de la mort.
Je ne lis pas pour travailler. Quand la nécessité de ce que je lis ne crève pas les yeux qui le lisent, je dois jeter le livre.
Je lis par manque d'être. Je lis pour être aimé du livre, pour être aimé des morts (un peu aussi des vivants, mais les vivants sont comme moi, dans l'immanence. pour eux, j'écrirais plutôt).
Je lis pour oublier que je lis.
Je lis et j'écris - car lire sans écrire c'est faire l'amour les mains liées. Lire sans écrire c'est marcher à cloche-pied. Lirécrire c'est mettre en action sa passion.
Lire jusqu'à bander l'arc des phrases en les caressant des yeux, en les relisant charnellement.
Je prends le train du lire sans savoir où il va, et le voyage-même ajoute au mystère.
Je lis d'un ongle, d'un doigt, d'un bras, et mon corps entier se met à lire. Moelle comprise.
Je lis pour ajouter et soustraire à ma solitude, jusqu'à parfaite égalité entre lecture et solitude.
Je lis pour m'infuser l'essence de l'univers.
Lire, lire, et ne jamais épuiser la lecture, car ce que je cherche ne se lit pas mais m'appelle à travers la lecture.
Je ne lis pas pour passer le temps, mais pour le faire durer, au contraire, le retenir - jusqu'à l'illusion de l'éternité ? - sur les marches mêmes de la mort.
Je ne lis pas pour travailler. Quand la nécessité de ce que je lis ne crève pas les yeux qui le lisent, je dois jeter le livre.
Je lis par manque d'être. Je lis pour être aimé du livre, pour être aimé des morts (un peu aussi des vivants, mais les vivants sont comme moi, dans l'immanence. pour eux, j'écrirais plutôt).
Je lis pour oublier que je lis.
Je lis et j'écris - car lire sans écrire c'est faire l'amour les mains liées. Lire sans écrire c'est marcher à cloche-pied. Lirécrire c'est mettre en action sa passion.
Lire jusqu'à bander l'arc des phrases en les caressant des yeux, en les relisant charnellement.
Je prends le train du lire sans savoir où il va, et le voyage-même ajoute au mystère.
Je lis d'un ongle, d'un doigt, d'un bras, et mon corps entier se met à lire. Moelle comprise.
Je lis pour ajouter et soustraire à ma solitude, jusqu'à parfaite égalité entre lecture et solitude.
Je lis pour m'infuser l'essence de l'univers.
mercredi 5 mai 2010
Plaisirs et jouissance
Manger, boire, baiser, fumer, indispensables plaisirs, pour moi, jusqu'à ce jour, mais qui ne peuvent balancer les jouissances du lire et de l'écrire. Les secondes ne sont pas moins effectives que les premières, mais elles participent d'une "matérialité" invisible qui sidère les hédoniciens du panard. Ils ne voient qu'un pilier, ils n'ont qu'une jambe, ce qui explique leur stagnance profonde et leurs sautillements compulsifs.
P.-S. Dans tout ce que j'écris, il y a ce qui relève de la profession de foi idiosyncrasique (comme le paragraphe qui précède) et ce qui relève de ce que je m'aventurerai à appeler la bénéficence artistique, c'est-à-dire de la générosité ambiguë qui reçoit quand elle donne, réalisant au passage une sorte de bénéfice psychanalytique. Dans le premier cas, le tempéramental risque de l'emporter sur le mental. Dans le second, une ambition mal mesurée menace de ballonner des chimères.
P.-S. Dans tout ce que j'écris, il y a ce qui relève de la profession de foi idiosyncrasique (comme le paragraphe qui précède) et ce qui relève de ce que je m'aventurerai à appeler la bénéficence artistique, c'est-à-dire de la générosité ambiguë qui reçoit quand elle donne, réalisant au passage une sorte de bénéfice psychanalytique. Dans le premier cas, le tempéramental risque de l'emporter sur le mental. Dans le second, une ambition mal mesurée menace de ballonner des chimères.
jeudi 12 février 2009
Mots-manie (1)
J'aime tellement les mots que je pourrais être capable d'une malhonnêteté pour en obtenir un...
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