Affichage des articles dont le libellé est pseudomorphose. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est pseudomorphose. Afficher tous les articles

mercredi 11 mai 2016

Le visible et l'invisible

Le talent nous montre le visible. Mais dans l'angle mort du visible vit l'invisible. Le génie le "voit", car il sait que la seule fonction noble du visible est de rendre "visible" l'invisible. C'est pourquoi le réalisme en art est une pseudomorphose, c'est-à-dire une imposture, un abaissement servile devant les apparences de la réalité, un renoncement à la vérité invisible.
C'est ainsi qu'au contact de la culture musulmane, Paul Klee comprend que la fonction de l'art n'est pas de reproduire ce qu'on voit mais de rendre visible ce qu'on ne voit pas. Et que "dessiner, c'est prendre une ligne et partir en promenade".
Je crois, comme Etienne Souriau, à la réalité ontologique des êtres de fiction. L'Etre est invisible, il n'accède au visible que par accident. Cette rencontre exceptionnelle est une coïncidence aporétique qui s'appelle la beauté. La beauté nous émeut car l'invisible s'y donnant forme, elle nous révèle que l'âme existe.

Je m'éveille de la sieste avec cet incipit dans la tête : Le rideau de perles de la porte d'entrée se balançait lentement, comme s'il avait été mû par la houle du temps. "Porte d'entrée" = incipit = mystère : d' "entrée", je sais que le roman ou la nouvelle (que je n'écrirai jamais) s'inscrit aux confins du visible et de l'invisible.