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vendredi 27 septembre 2024

Le beau et le vrai (15)

 Le beau est le vrai, mais le vrai est-il toujours beau? Peut-être, si l'on accepte la terreur ou l'effroi comme critères sublimants. Mais le beau est le vrai, à condition de ne pas le confondre avec le joli ou le charmant.   (À suivre)

jeudi 16 novembre 2023

Beauté (67)

 Le beau est supérieur au sublime parce qu'il est permanent et ne rassasie pas; tandis que le sublime est relatif, passager et violent.
Amiel, Journal, 06/12/1870.

jeudi 6 octobre 2016

Horizons (32)

 Heureux, cent fois heureux [...] Monsieur Baliveau (1), capitoul de Toulouse! C'est Monsieur Baliveau qui boit bien, qui mange bien, qui digère bien, qui dort bien. C'est lui qui prend son café le matin; qui fait la police au marché, qui pérore dans sa petite famille, qui arrondit sa fortune, qui prêche à ses enfants la fortune, qui vend à temps son avoine et son blé, qui garde dans son cellier ses vins, jusqu'à ce que la gelée des vignes en ait amené la cherté, qui sait placer sûrement ses fonds, qui se vante de n'avoir jamais été enveloppé dans aucune faillite, qui vit ignoré et pour qui le bonheur inutilement envié d'Horace, le bonheur de mourir ignoré fut fait. Monsieur Baliveau est un homme fait pour son bonheur et pour le malheur des autres, son neveu, Monsieur de l'Empyrée, tout au contraire. On veut être Monsieur de l'Empyrée à 20 ans et Monsieur Baliveau à 50.
 Diderot, Promenades Vernet.
(1) Note de P. Chartier, page 59 (éd. Garnier) : "Par opposition aux divers "fous" qui hantent la société, Monsieur Baliveau représente une sagesse étroite, terre à terre, "réaliste" mais souvent ridicule. Personnage de la Métromanie d'Alexis Piron (1738), Monsieur Baliveau ( dont le nom signifie "perche de bois") est capitoul (conseiller municipal) de Toulouse, intermédiaire entre les figures de Chrysale, "bon bourgeois" de Molière, et de Monsieur Prudhomme au siècle suivant : un père de famille honnête mais borné, pusillanime, incapable du moindre sublime."