... le livre le plus tendre qui soit depuis les Évangiles...
Élie Faure, Montaigne et ses trois premiers nés: Shakespeare, Cervantès, Pascal.
lundi 8 septembre 2025
Figures et personnages (3380)
dimanche 7 septembre 2025
Figures et personnages (3379)
Deux fous [Hamlet et Don Quichotte] apportent au monde l'atroce vérité morale dont la connaissance conduit à la sagesse lyrique, la seule qui se puisse substituer au refuge confessionnel, au moins chez les esprits très fortement individués.
Élie Faure, Montaigne et ses trois premiers nés: Shakespeare, Cervantès, Pascal.
jeudi 19 décembre 2024
mercredi 2 août 2023
vendredi 28 octobre 2022
Figures (2598)
Senancour est un Pascal diffus, Chateaubriand un Pascal ronflant.
Cioran, La tentation d'exister.
jeudi 28 avril 2022
Figures (2457)
Que Cervantès ait lu ou non Montaigne, il a offert la solution de l'illusion idéaliste au drame intellectuel* que Montaigne a ouvert.
*Le bien affronté au mal.
Elie Faure, Montaigne et ses trois premiers-nés: Shakespeare, Cervantès, Pascal.
dimanche 19 décembre 2021
Figures (2352)
Céline est l'héritier du christianisme - une sorte de Pascal aigri, qui aurait renoncé à l'enfantillage du pari.
Marc Bugeat, in N.Obs. 459.
vendredi 7 mai 2021
Art (261)
... ce paradoxe - essentiel à l'art - que n'admettait pas Pascal et que revendiquera Baudelaire: il fait beau savoir voir le laid - et le montrer.
dimanche 27 octobre 2019
Estacadres (788)
Cioran, Syllogismes de l'amertume.
jeudi 18 avril 2019
lundi 3 décembre 2012
Littérature et philosophie
Qu'est-ce qui fait que Proust et Musil me conviennent, alors que Barthes, Bourdieu, Baudrillard (qui sont aussi des écrivains) peuvent seulement me plaire ou m'intéresser? La réponse tient dans cet "aussi": c'est qu'ils sont par ailleurs autre chose (sémiologue, sociologues) , que leur intelligence d'intellectuels sert une cause, une théorie, une science et même, dirait-on parfois, que leur intelligence sert leur intelligence. Pour l'écrivain-écrivain, l'intelligence est une simple composante de l'être, importante, mais moins importante que la sensibilité, bien sûr, adjointe et non souveraine. L'intelligence est comme un courant qui passe à travers les fibres sensibles de l'écrivain : elle n'est ni la centrale, ni le commutateur.
L'enjeu de la littérature n'est pas pratique (communiquer) , il n'est pas phatique (1) (communier) , il n'est même pas esthétique (l'écriture n'est pas un art pur). Est-il métaphysique? Oui, dans son acception originelle et non-abstraite : ce qui préoccupe l'homme en dehors de son image "naturelle". L'enjeu de la littérature est la condition humaine, non définie par des critères immanents. L'enjeu de la littérature est littéraire, c'est-à-dire écrit sans savoir, sans pouvoir, sans certitude. Investigation vaine et nécessaire, par le moyen des mots, de l'inconnaissance structurelle.
L'enjeu de la philosophie est théorétique et critique. Le philosophe s'adonne à la connaissance en mettant sans cesse en question non seulement cette connaissance mais son questionnement lui-même, voire sa propre légitimité et, finalement, sa propre existence. La philosophie est une ascèse - et parfois une passion - inutile. Inutile car, s'il lui arrive de nous éclairer, elle ne peut en aucun cas nous rendre heureux. Si le bonheur dépendait de la pensée, il y a longtemps qu'il n'y aurait plus d'imbéciles.
Alors? Faut-il se moquer de la philosophie? Ce serait vraiment philosopher, si l'on en croit Pascal.
Si la philosophie consiste à dépasser son objet pour aller vers un indicible ou un invisible, alors la philosophie, la littérature et la poésie se tiennent dans un même coin de ciel ou dans une même poche de ténèbres. Quand nous pensons notre pensée nous pensons notre être et, comme l'a répété Alquié, "toutes les grandes philosophies sont une critique de l'objet et non de l'être", c'est-à-dire du visible et non de l'invisible.
Alors, écrire c'est saisir au col et tenir ensemble littérature et philosophie, sinon la première fait des mines, la seconde fait la gueule, et l'écriture est accablante. Je préfère la littérature à la philosophie, mais non la littérature sans la philosophie.
" Il est admirable de voir que la poésie, qui cherche naturellement le beau, et la philosophie, qui cherche essentiellement le vrai - c'est-à-dire ce qu'il y a de plus opposé au beau - sont les deux facultés qui ont le plus d'affinités entre elles, car le véritable poète est parfaitement capable d'être un grand philosophe et le véritable philosophe d'être un grand poète; ni l'un ni l'autre ne peuvent être grands ni parfaits dans leurs domaines s'ils ne participent complètement aux deux, à la nature primitive de l'esprit, à sa disposition naturelle, à la puissance de l'imagination." (Leopardi , Zibaldone) .
(1) Au sens de Jakobson.