La bonhomie est une perfection.
Joubert
mardi 18 novembre 2025
mardi 2 juillet 2024
Beauté féminine (20)
Hortense Girodot sans le savoir, et sans qu'autour d'elle on en eût conscience, représentait une de ces fragiles perfections que la nature glisse dans les foules horribles, comme elle tend ses arcs-en-ciel, en gage de son amitié fantasque pour notre race misérable. (À suivre)
Gabriel Chevallier, Clochemerle.
mardi 28 novembre 2023
Beauté (79)
On peut atteindre à la perfection sans nuire à la fraîcheur de l'expression. C'est simplement la définition de la beauté. 19. 58
mercredi 8 novembre 2023
Beauté (59)
La beauté sans la sensualité est comme un sein où manquerait le mamelon.
Erst Jünger, Supplément épigrammatique, in La délirante, n°7.
mercredi 1 novembre 2023
Beauté (52)
[Suite du 51] - Mais quand il n'y a rien derrière? Rien de plus que derrière les rayons du soleil dansant sur les pierres? Quand cette infinité du l'eau et du ciel est impitoyablement ouverte? Alors on a presque le sentiment que la beauté est quelque chose de secrètement négatif, quelque chose d'imparfait et d'imperceptible, un bonheur sans but, privé de sens. (À suivre)
Musil, ib.
vendredi 9 décembre 2022
Alchimie (5)
L'alchimie était fondée sur la croyance que la matière était une sorte d'élément neutre sur lequel la Nature imposait les images des idées éternelles. Dès lors, comme elle peut prendre des formes variées sous l'effet de la nature ou de l'art, la transmutation des métaux est possible. Il faut donc retrouver la matière primitive et la transformer en métaux de valeur de plus en plus haute, jusqu'à la forme la plus parfaite, l'or, qui est capable de se reproduire indéfiniment, comme les choses parfaites.
Jean Dufournet, Postface au Roman de la Rose (folio, p. 402)
jeudi 3 février 2022
Absolu (7)
Il y a perfection dans l'absolu quand l'être intime est atteint, idiotiquement et non par réfraction médiatique, situationnelle, relative en un mot. "L'absolu est parfait en ce qu'il est parfaitement ce qu'il est", dit Bergson.
vendredi 29 janvier 2021
Art (189)
La perfection en art est une maladresse. En artisanat c'est une nécessité. Le chef-d'œuvre de l'artisan est, aux sens propre et figuré, une œuvre "achevée". Alors que l'achèvement, pour un artiste, est du blaireautage.
jeudi 17 décembre 2020
Art (146)
Le David de Michel-Ange se contemple d'un œil froid. Et la perfection n'est pas une cime.
P. Garnier, Novalis.
lundi 30 novembre 2020
Art (129)
"Cette puissante érosion des contours" dont parle Nietzsche, et sans laquelle il n'y a pas de parfaite œuvre d'art.
Gide
lundi 29 juin 2020
Art (24)
La Bruyère.
lundi 5 novembre 2018
Langue française (49)
M. Edwards, N.O. 2284 du 14/08/08
dimanche 3 septembre 2017
dimanche 24 mars 2013
Superoupas
Par le truchement d'une Fée-Mégère, la société s'amuse à dresser ses petits membres. Mais pour quelle perfection? Obéir, être poli, ne rien laisser dépasser de sa spontanéité, couper le cou à l'innocence? Les hasards de l'imperfection sont à la source de la vie, de la joie, de l'aventure humaine. Nous avons tous à trouver notre petite place sur la terre, notre coin de ciel et notre coin de feu. L'étouffement est un principe de mort. Qui peut prétendre à l'absolu du savoir, à l'infaillibilité de l'autorité? Dans ce pauvre monde absurde, il faut rire de ce qui nous fait pleurer. En dehors de l'homme, pas de Vérité, en l'homme des vérités multiples. Ce qui est bon pour l'homme est ce qui l'épanouit, la férule est tenue par une main aveugle, impeccablement cruelle.
Qu'il s'agisse de Dieu ou de la Société, tout ce qui s'érige en idéal infaillible est voué à échouer. Dieu n'existe pas, la Société comme entité parfaite n'existe pas. La vraie perfection n'est qu'une représentation, pas une fin. Et, surtout, parfaire c'est défaire: une enfant qu'on réussirait à rendre parfaite deviendrait alors parfaitement anonyme.
Heureusement, la petite Karine de Superoupas (Marie Lecomte) a tous les atouts de la grâce, de la fraîcheur, de l'innocence. La liberté de son caractère en fait une rebelle naturelle. Elle se dérobe au conditionnement qu'une animatrice aussi stéréotypée que sadique (admirablement et expertement jouée par Alice Hubball) voudrait lui imposer. Mais l'esprit s'envole de toutes les prisons, même d'une poubelle!
L'innocence n'a qu'une culpabilité, celle de vivre. C'est la vie et ses échappements qui sont insupportables au carcan social. Le pseudo-savoir de nos nouveaux pédants les fait ressembler aux vaches non pas ruminantes comme celle de Nietzsche, mais broutantes, comme celles de Gombrowicz, qui voudraient mettre leur bave et leurs dents dans la fraîche verdure de l'enfance.
A la fin du spectacle, la petite Karine impose la vitalité essentielle de l'enfance dans une danse libératrice. On sait alors que l'innocence est indestructible, parce qu'elle est l'esprit même de la vie.