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dimanche 19 avril 2026

Théâtre de boulevard (2)

 Les pièces du théâtre "pantin-perruche" racontent, en hurlant, toujours les mêmes choses: les adultères périlleux et émoustillants de la maman et du papa, les désinvoltures de manière et de langage du fiston sportif, les mecs débraillés, asociaux, impossibles, de la fifille, les douceurs souriantes, très libérales, de la grand-mère. Tout cela sans un mot de vrai, comme machinalement, aveuglément. Une mécanique débile qui ne touche à rien, ne croit à rien.
Michel Cournot, in Le Monde du 29/05/84.

samedi 24 janvier 2026

Bordeaux (9)

 Bordeaux est une ville étrange, on a l'impression que ses habitants n'arrivent pas à la remplir.
Théophile Gautier.

mercredi 10 avril 2024

Écrivains (91)

 ... un individu en perpétuelle déportation, un étranger à tout ce qui peut lui arriver, cela fait son malheur absolu, car il n'écrit que par nostalgie de ne pas pouvoir ne pas écrire. Cela fait l'extraordinaire vide de la littérature digne de ce nom. Un grand poète n'est pas celui qui orne, garnit la pièce (le monde). C'est celui qui la vide. Qui utilise son langage à fin de fusillades, de débarras, ôtez toute chose que j'y voie.
Georges Perros, Papiers collés, II, p. 423.

jeudi 2 février 2023

Aliénation (21)

 [Suite du 20 et fin] - On peut relire toute la modernité comme l'histoire d'une catastrophe de la résonance. Le silence infini du monde, chambre d'écho vide, nous panique; si nous portons des écouteurs et sonorisons les ascenseurs, les supermarchés, avec de la musique d'ambiance, c'est pour nous donner le sentiment que le monde chante encore.
Hartmut Rosa, interrogé par Juliette Cerf, in Télérama 3581 du 29/08/18.

 

 

 

mercredi 31 août 2022

Avenir (1)

 Une vie, c'est fait avec de l'avenir comme les corps sont faits avec du vide.
Sartre, L'âge de raison.

vendredi 19 novembre 2021

Attaque (2)

Le silence était dense, sans partage, et il semblait qu'il n'existait ni steppe ni brouillard, ni Volga, mais le silence et rien d'autre. Une lueur parcourut les nuages sombres, puis le brouillard, de gris qu'il était, devint pourpre et soudain le tonnerre s'empara de la terre et du ciel... (A suivre).
V. Grossman, Vie et destin, Poche, p. 867.

jeudi 18 novembre 2021

Attaque (1)

 [Avant l'attaque]. Tout est vide. Je ne peux pas sentir autre chose, exprimer autre chose que cela. Tout ce qui emplit le monde, d'ordinaire, ce flux de sensations, de pensées et de souvenirs que charrie chaque seconde du temps, il n'y a plus rien, rien. Même pas la sensation creuse de l'attente; ni l'angoisse, ni le désir obscur de ce qui pourrait advenir. Tout est insignifiant, n'existe plus: le monde est vide.
Maurice Genevoix, Ceux de 14, Les Eparges.