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mercredi 15 janvier 2025

Bien (1)

 Ainsi que le dit Platon, il ne suffit pas de bien danser, il faut savoir "danser le Bien".
André Bonnard, Les dieux de la Grèce, p. 72.

mardi 31 décembre 2024

Bibliothèque (2)

 ... Toute la bibliothèque peut être traversée, en dansant...
Sollers, Vision à New York.

lundi 29 janvier 2024

Figures (2920)

 Tout ce qui peut être pris chez moi pour une danse n'est qu'un réflexe instinctif, une manière de rendre moins risible une interminable chute dans les escaliers.
Cocteau

mercredi 3 mai 2023

Écrire (171)

   J'écris parce que je ne suis pas danseur acrobatique (parce que je ne sais pas danser comme Russ Tamblyn dans La première balle tue).   56.93

jeudi 10 mars 2022

Figures (2420)

 La voix ne peut exercer pleinement son pouvoir de subjugation et de sacralité mystique que si elle abandonne son statut physique et matériel pour devenir essence de voix, incarnation minimale, pur flux sonore, danse verbale, murmure, psalmodie ou cri. A la manière dont la danse utilise la présence du corps pour mieux le spiritualiser, le réduire à l'état de signe en mouvement, la voix célinienne cherche à nier, dans son élocution même, la matérialité du corps qui la porte. La haine de Céline pour l'homme est une forme particulière de son dégoût de la matière: de la nature, de la chair, de l'informe bouillon physico-chimique - "l'ignominie biologique" - , de la putréfaction annoncée de toute chose. De la voix réelle, corporelle.
P. Lepape, Le pays de la littérature, Poche, p. 640-641.

jeudi 7 janvier 2021

Art (167)

 L'art sort le réel de son corps. Il est son extase et sa transe, la transcendance du "c'est comme ça". La transe en danse, aurait dit Nietzsche (ou Céline, mais il était plus fasciné par les jambes des danseuses que par la danse*). Et la "nature", en art, est la naturalisation de cette transe.
* qui pourtant, ô merveille, arrêtait la "fuite panique" de la vie, la foirade, la mort.

mercredi 30 décembre 2020

Art (159)

 L'art (fluide) de la danse met un instant l'angoisse de vivre au porte-manteau de l'éternel.

lundi 24 février 2020

Figures (790)

Un intellectuel devant nous s'essaie enfin à danser. Sur un fil tendu au-dessus du vide.
Patrice Bollon, parlant de Baudrillard in Mag.litt.193 (mars 1983).















































































































































dimanche 20 octobre 2019

Estacadres (781)

"Et vous savez danser?
— Les hommes anglais ne dansent pas. Sauf quand ils sont ivres ou dans les mariages. Ou les deux..."
Ken Loach, Télérama 3363 du 25/06/14.

lundi 18 décembre 2017

Alexandrins (37)

En dansant elle ondule alors qu'il se dandine,
Arrachant l'harmonie à l'attraction des corps.

jeudi 17 janvier 2013

Minuit à Paris (W.Allen)

Midnight in Paris est un film quasiment parfait, l'un des meilleurs de Woody Allen. Le Paris fantasmé qui l'habite a fini par devenir le personnage central d'un conte merveilleux sur l'amour, un amour dont l'idéal et sa représentation coïncideraient surnaturellement. Mais ce surnaturel tiendrait à un simple déplacement, un glissement cendrillonnesque dans une des failles que parfois le temps offre. Changer d'époque, voyager dans le passé, fait partie des rêves ou rêveries de tous. Mais se retrouver tout à coup, physiquement, dans un âge inspirant, dans un lieu, dans un temps, dans un monde désirés, est une expérience assez rare pour qu'on en fasse une affabulation vivante. Car la difficulté des contes, c'est leur crédibilité. Dans ce film le prodige n'étonne pas : le héros vit des journées ordinairement et extraordinairement ennuyeuses et, quand minuit sonne, il est embarqué dans un temps où Paris accueillait Fitzgerald, Hemingway, Picasso, Dali, Gertrude Stein et tous les autres. Et ses contrariétés, sa déception, s'évanouissent. Les contraintes matérielles de la relation amoureuse éclatent comme bulles de savon; l'amour, la danse, l'art, tout est de plain pied.
Vivre son rêve est donné au héros éberlué de ce chef-d'oeuvre. Le temps n'est pas linéaire, il a, comme la géographie, ses synclinaux et ses anticlinaux. Quand deux plis du temps se touchent, on change d'époque. Cette Uchronie peut épouvanter (voir l'aventure du détective privé mandaté par le futur beau-père du héros!) ou ravir. Et c'est le ravissement qui nous intéresse. Dans le monde enchanté de Gil, il n'y a ni fées ni dragons, mais un art d'écrire, un art de peindre, un art de vivre où les mots, les couleurs et les pas sont dansés.
Est-ce à dire que la nostalgie est un puits nocturne? La femme que le héros rencontre dans les Années folles rêve elle-même d'un autre âge d'or, celui de la Belle Epoque. Et voici qu'une nuit le couple tombe dans une autre faille temporelle et se retrouve avec Toulouse-Lautrec, Gauguin, Degas, etc. , qui, eux, ne jurent que par la Renaissance! Gil comprend alors que la nostalgie n'a pas de fin et que, si elle ne nourrit pas une espérance, elle est mortelle. Sa dernière méditation sur les quais lui fournira une réponse inattendue, et l'espoir d'une vie sensible et sensuelle, à Paris, au XXIème siècle. Comme Nietzsche il croyait avoir le mal du pays sans avoir de pays, mais ce pays absent était son âme-même(1) et pour le trouver nul n'était besoin de violer le temps, il suffisait de répondre aux caresses d'un regard.
   La République n'était belle que sous l'Empire. L'étrange familiarité du passé n'est que la projection d'une conscience entravée. Si un être vous manque il faut qu'un autre vous lasse, et si cet autre vous lasse, tout est repeuplé. Inutile de fuir, l'amour est partout où vous êtes, il n'y a qu'à le reconnaître. Non pas renoncer à la nostalgie (car plus grave que la perte serait la perte de la nostalgie) mais y puiser son espérance.
(1) Musil ne dit-il pas que "le temps est l'âme de l'espace" ? D'où il s'ensuivrait que l'espace est la chair du temps. Pour donner un corps au temps qui passe, il faut habiter et parcourir l'étendue qui nous est offerte.