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samedi 24 juin 2023

Baroque (40)

 Le baroque est un romantisme formaliste (dévitalisé, théâtralisé).   86.58

vendredi 22 mai 2020

Figures (897)

Il ne s'agit pas pour Bergson de s'installer réellement dans l'individuel, mais de trouver le moyen d'individualiser les produits du formalisme; et comme il se sert du formalisme, il ne pourra même pas aller chercher ce moyen dans l'individuel: il aura recours à un moyen qui n'implique aucune vérité déterminée sur les individus. Ce moyen est précisément la qualité, et alors la théorie bergsonienne, au lieu d'être concrète, mesure seulement la distance entre le concret et l'abstraction de la psychologie classique, et on aura "contracté" en qualité ineffable son impuissance de trouver le concret. D'où d'ailleurs le caractère plaintif et sentimental de la théorie bergsonienne du concret.
Georges Politzer, La fin d'une parade philosophique: le bergsonisme.

mardi 19 mai 2020

Figures (894)

 La critique bergsonienne de la psychologie classique ne s'attaque nullement au fond même, mais exclusivement à la forme. Car il ne s'agit pas de dire que la psychologie classique a tort d'être réaliste, mais qu'elle a tort de donner à son réalisme la forme qu'elle lui donne [...]. Car ce qui est faux pour Bergson ce n'est pas le fait d'avoir posé les idées, les sentiments, les émotions, la volonté, etc. comme des réalités sui generis, mais de les avoir isolés et d'en avoir fait des entités distinctes. Et ce qu'il veut, ce n'est pas abandonner le réalisme* en général, mais de remplacer le réalisme dans l'espace par le réalisme dans la "durée". De la même manière, ce n'est pas le formalisme en général qu'il reproche à ses prédécesseurs, mais le formalisme statique, et il croit que la psychologie sera sauvée si le formalisme devient dynamique.
Georges Politzer, La fin d'une parade philosophique: le bergsonisme.
*Politzer considère ce mot dans son sens scolastique (par opposition au nominalisme).

lundi 7 août 2017

Lettre à un ami

On doit conduire son style comme un canoë dans les rapides. Deux dérives menacent l'écriture: un signifié trop lourd qui fait couler le signifiant; un signifiant insignifiant qui le fait chavirer dans les eaux tapageuses du formalisme. L'écriture est comme nous, elle doit son existence à la matière, mais son corps et sa figure sont sa forme. Quand la forme remplace le fond et justifie ainsi son inconsistance (son insubstance), certes, l'intention est bonne, artistiquement neuve parfois, mais le résultat prend le risque d'être ennuyeux, et en quelque sorte fantomatique. Ça donne l'art conceptuel, Brecht, La cantatrice chauve,etc. Il faut en art de la distance et du détour mais il ne faut pas que l'esthétique soit transcendante, c'est-à-dire en solution de continuité avec le réel, car elle se prive alors du filigrane immanent de l'émotion.