Affichage des articles dont le libellé est rêverie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est rêverie. Afficher tous les articles

dimanche 22 septembre 2024

Le beau et le vrai (10)

 Je suis parfois comme un chasseur qui, en quête du mot juste, tombe en arrêt sur un mot si charmant qu'il en oublie les aridités du buissonnage et son devoir de fidélité au vrai pour céder à la grâce d'une rêverie et à la séduction du beau.   91.127 (2014)

dimanche 30 juin 2024

Figures (3046)

 Praticien souriant et grave de la cosse active et de la diligence rêveuse, albergier de l'instant dans la corne profuse de l'éternité passagère, tel fut Albert Cossery.   77.141 ( 2008)

mercredi 5 juillet 2023

Figures (2074)

 Son texte tient du récit, de la chronique, de la rêverie et de l'essai. Il y a là, par instants, une lumière qui n'est pas sans évoquer Nerval. À d'autres moments, nous basculons à sa suite dans le fantastique. Au fond, Cingria est un baroque qui écrit "simple".
Hubert Juin, ib.

jeudi 30 mars 2023

Figures (2628)

 [Suite du 2627 et fin] - Cette route déserte a un grand charme, et si les hommes ne s'y aventurent pas, leur pensée s'y promène. Le matin, lorsqu'elle se dégage du brouillard, les cultivateurs qui sont au créneau doivent attendre les claquements de fouet des attelages partant au labour. Le soir, on dirait l'avenue abandonnée d'un mystérieux château et l'on se demande quelles ombres désuètes vont y rôder au crépuscule. Ce qui rend cette route si saisissante, c'est qu'elle ne mène nulle part, sinon à l'irréel, à des lieux de repos qui n'existent plus que dans la mémoire. Entre les deux armées, cette route chimérique est une allée silencieuse pour la rêverie.
Id, ib. p.208.

jeudi 8 décembre 2022

Alchimie (4)

 La langue de l'alchimie est une langue de la rêverie, la langue maternelle de la rêverie cosmique.
Bachelard, La poétique de la rêverie.

mardi 22 juin 2021

jeudi 10 décembre 2020

Art (139)

 Ce qui me semble, à moi, le plus haut dans l'art (et le plus difficile), ce n'est ni de faire rire, ni de faire pleurer, ni de vous mettre en rut ou en fureur, mais d'agir à la façon de la nature, c'est-à-dire de faire rêver.
Flaubert, Correspondance.

dimanche 27 octobre 2019

Estacadres (789)

C'est à l'animus [logikon] qu'appartiennent les projets et les soucis, deux manières de n'être pas présent à soi-même. A l'anima [alogon] appartient la rêverie qui vit le présent des heureuses images.
Bachelard, La poétique de la rêverie.

mardi 10 février 2015

"Résistance rêveuse" (4)

A chaque réveil, je déplore l'évanescence des rêves. La grande invention qui nous manque: un projecteur de rêves. La possibilité pour les hommes de se constituer un trésor d'images et de sensations, dans une sorte de "chromocinéthèque" d'art brut.
Mais il y a mieux que les rêves, c'est la rêverie: l'éternité au fil de l'âme.
"Celui qui rêve se mélange à l'air", dit Georges Schéhadé. Et "qui habite les songes ne meurt jamais."
Rêvant, je suis seul avec le monde. Je suis moi et tous les autres, la lumière et l'ombre. Les pensées restent à la porte : le rêve monte la garde, comme un dieu qui refoule ces intruses.
Si "rêverie" est presque l'anagramme de "dérive", il faut porter son regard sur l'image évoquée par cette dérive. Celle du décrochage, du détachement, du départ. Vers quelle aventure? Le rêveur est un pionnier en puissance. Si on prive un homme de rêverie, il cauchemardera des monstres.

"Résistance rêveuse" (3)

"Que la paresse soit un des péchés capitaux fait douter des six autres", écrit Robert Sabatier; et Clemenceau, pour rire : "La forme pointue des pyramides prouve que de tout temps les ouvriers ont trouvé le moyen d'en fiche de moins en moins."
J'aimerais parfois avoir le courage d'être plus radicalement paresseux, de céder moins à cette sorte de lâcheté sociale, de vanité ou d'orgueil d'espèce, qui me poussent à me "bouger", à "agir", à "faire"... La paresse est plus proche de l'être que du désêtre. On peut aimer également la paresse et la réflexion. Le second état étant parfois favorisé par le premier: ça s'appelle la rêverie.
Mais il est une paresse que je considère immorale: la paresse intellectuelle, car elle conditionne le grégarisme. La paresse physique, quant à elle, n'est qu'amorale.
Devinette: Pourquoi la paresse (ou la lâcheté) est-elle plus forte que le courage? Réponse: parce qu'elle n'a pas besoin de lutter pour vaincre.

mercredi 24 juillet 2013

Promenade

Qu'est-ce qui nous manque le plus en hiver? La promenade. Nous marchons dans le village, mais ce n'est qu'une corvée utile et douce. La promenade, c'est autre chose, c'est l'été, c'est ailleurs.
"Tsanga tsanga", c'est ainsi qu'à Madagascar on dit: "Je me promène". C'est une expression physiquement pleine d'entrain.
Il est vrai qu'à défaut de promenade, toute l'année nous avons la rêverie, qui est une façon confortablement immobile de se promener près et loin. Les Rêveries du promeneur... pourraient aussi bien se dire les promenades du rêveur... Et puis, consolons-nous : une vie bien accordée est une promenade démultipliée. Lire est une promenade dans sa sensibilité et son intelligence, écrire est une promenade dans son imagination et sa réflexion, aimer est une promenade dans sa sensualité et ses embranchements d'aventures, une promenade dans le vif et le tendre, marcher ou rouler est une promenade tout court, c'est-à-dire une extraversion douce de soi au monde et une introversion filtrée du monde à soi.
Vivre, c'est (s'é)changer tout en restant soi-même.

dimanche 21 juillet 2013

Horizon(s) (8)

La seule chose que j'apprécie vraiment, c'est une motocyclette. Oh! quelles jambes fines, fines! A peine si on les voit.
Et pendant qu'on admire, déjà, tant elles sont rapides, elles regagnent prestement l'horizon qu'elles ne quittent jamais qu'à grand regret.
C'est ça qui fait rêver! C'est ça qui fait pisser rêveusement les chiens contre le pied des arbres! C'est ça qui nous endort à tout le reste, et toujours nous ramène, recueillis aux fenêtres, aux fenêtres aux grands horizons.
Henri Michaux, Lointain intérieur, Entre centre et absence.

lundi 15 avril 2013

Horizon(s) (2)

Quand tous mes rêves se seraient tournés en réalités, ils ne m'auraient pas suffi : j'aurais imaginé, rêvé, désiré encore. Je trouvais en moi un vide inexplicable que rien n'aurait pu remplir, un certain élancement de coeur vers une sorte de jouissance, dont je n'avais pas idée, et dont pourtant je sentais le besoin.    Rousseau, à l'Ermitage (3è lettre à M. de Malesherbes).

jeudi 29 janvier 2009

Vivant

Quand je dis "Vivant!" j'entends vivant dans l'inséparation du plaisir sensuel organique(qui tient au parfait huilage de la mécanique au travail-ergon) et du plaisir spirituel immanent, car si la vie matérielle est, par nécessité, processionnelle et plafonnée, la vie de l'esprit est, par grâce, mystérieusement inépuisable.
Mais, l'esprit étant inscrutable et insaisissable, il n'est pas vraiment mystérieux qu'on ne puisse l'assigner: il relève de l'illusion pure, du leurre aux oiseaux, de la rêverie prestidigitatrice et, pour tout dire, de l'auto-enchantement.