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jeudi 30 avril 2026

Figures (3572)

 Dieu créa l'homme, et ne le trouvant pas assez seul, il lui donna une compagne pour lui faire mieux sentir sa solitude. 
Paul Valéry, Tel Quel.

jeudi 25 septembre 2025

jeudi 19 septembre 2024

Amour (106)

 Aimer un être, c'est sans doute le voir soudain surgir de l'indifférencié, et être saisi par sa fragilité terrible: je ne m'aime pas.
Marc Guyon, Le principe de solitude.

lundi 13 mai 2024

Écrivains (120)

   [Suite du 119] - Celui qui crée sans soutien, sans appui, qui ne peut écrire qu'après ses heures de travail, entouré de gens qui ne sont même pas sûrs qu'il ait du talent, se rappellera toujours cette vérité-là. Le monde qui l'entoure ne le laissera tout simplement pas l'oublier. Le seul écrivain qui peut l'oublier est celui qui rencontre le succès, qui n'écrit pas contre mais avec le courant de sa vie, et dont chacune des intuitions qui s'écoulent de sa plume ne fait que rehausser son texte pour son plus grand contentement, mais aussi les délices de ses agents et de son éditeur.   (À suivre)
Etgar Keret, ibid.

 

lundi 1 avril 2024

Beauté (164)

 Il n'est à la beauté d'autre origine que la blessure singulière, différente pour chacun, cachée ou visible, que tout homme garde en soi, qu'il préserve et où il se retire quand il veut quitter le monde pour une solitude temporaire mais profonde.
Jean Genet

dimanche 10 mars 2024

Écrivains (75)

  La romancière anglaise Patricia Dunker illustre admirablement la banalité de l'étrangeté  de l'écrivain, dans un roman intitulé La folie Foucault. J'en extrais ces trois passages. L'écrivain, dit-elle (le poète ou le romancier) est condamné à "la solitude de celui qui voit un monde différent de celui où vivent les gens qui l'entourent." "Le fait d'écrire est, en soi, un acte de violence perpétré contre la réalité." "Tu vois le gouffre, et eux non. Tu vis parmi eux. Ils marchent sur de la terre. Tu marches sur du verre. Tu vis masqué, conscient de ta différence absolue."   56.79

vendredi 8 mars 2024

Écrivains (73)

 Celui qui a décidé d'écrire parce qu'il lui est impossible de se satisfaire de l'état "naturel" des choses fait forcément violence à la "réalité" telle qu'elle est vue et sentie par les hommes qui l'entourent. Alors, même s'il est toléré, même s'il est parfois envié et applaudi, il est seul, et il est "fou". Et, dans les cas extrêmes, c'est lui qu'on chassera , c'est lui qu'on tuera.   56.79

jeudi 29 février 2024

Amitié(1)

 Les amis les plus liés qui soient  au monde ne sont jamais au même endroit en même temps.   1.75

mardi 16 janvier 2024

Écrivains (23)

 À partir de quarante ans, l'écrivain comme je l'entends ne devrait plus s'occuper de l'existence: l'argent, les sentiments ne sont pas son domaine. C'est dans la solitude qu'il peut faire le moins de dégâts, se dégrader avec le plus de dignité. Ne me parlez pas de l'expérience, cette sottise, j'en sais assez sur elle pour savoir qu'on en a toujours trop. Si l'écrivain ne se préoccupait pas d'être un homme normal, bon père, bon fils, bon citoyen, bon époux, de mener une existence comme celle des autres, il serait plus utile à ses semblables. Mais voilà, il s'entête, par crainte, à vouloir montrer qu'il a un cœur, l'ignoble Sécurité sociale de l'existence est passée par là.
Bernard Frank, Solde.

lundi 27 février 2023

Écrire (122)

 J'écris pour m'isoler du temps contraire, et contrarier le temps qui m'isole.   55.97

mercredi 25 janvier 2023

Écrire (87)

 Comment peut-on vivre sans écrire, sans tenter de répondre au mystère et au scandale de l'existence par un ordre, une intelligence, une voix? Par une justification intime, à l'injustifiable, par un humain sentir à l'épouvantable (im)matérialité de l'univers?   51.102

jeudi 19 janvier 2023

Écrire (81)

 La solitude sauve l'écrit et l'écrit sauve la solitude. Mais aussi: la solitude sauve de l'écrit et l'écrit sauve de la solitude.   50.47

jeudi 22 décembre 2022

Écrire (63)

 Et mon pays, celui de mes rêves, celui de mon exil, celui de mes pages éparpillées, demeure entre la lampe et la table, le seul lieu (ce cosmos fuyant) où se trouve la véritable patrie de celui qui écrit.
Mario Goloboff, écrivain argentin.

dimanche 18 décembre 2022

Alcool (10)

 Les alcooliques savent, comme le Consul d'Au-dessous du volcan, qu'en fin de compte, il n'y a "personne pour boire jusqu'au bout du verre avec vous".   21.37

dimanche 4 décembre 2022

Ecrire (45)

 Avoir écrit quelque chose qui te laisse comme un fusil qui vient de tirer, encore ébranlé et brûlant, vidé de tout toi, où non seulement tu as déchargé tout ce que tu sais de toi-même mais ce que tu soupçonnes et supposes, et les sursauts, les fantômes, l'inconscient - avoir fait cela au prix d'une longue fatigue et d'une longue tension, avec une prudence faite de jours, de tremblements, de brusques découvertes et d'échecs, et en fixant toute sa vie sur ce point - s'apercevoir que tout cela est comme rien si un signe humain, un mot, une présence ne l'accueille pas, ne le réchauffe pas - et mourir de froid - parler dans le désert - être seul nuit et jour comme un mort.
Pavese, Le métier de vivre, II.

jeudi 22 septembre 2022

Aventure (14)

La dérision commence ici: parti pour fuir la solitude, l'aventurier la rencontre à chaque moment de son destin.
Roger Stéphane, Portrait de l'aventurier.

vendredi 12 août 2022

Adolescence (1)

 Ma solitude et mon désespoir d'adolescent n'étaient que la naïveté de mesurer l'univers entier à ma propre misérable condition.   6.147

vendredi 13 mai 2022

Figures (2463)

 [Suite du 2462] - En même temps, je me suis toujours senti différent. Comme mon père. Qui ne se comportait pas comme les gens d'Anatolie. Il allait aux champs à vélo à l'époque où tout le monde se déplaçait en voiture. Il ne croyait pas en Dieu, ne buvait pas, ne fumait pas et lisait beaucoup. Il a poursuivi toute sa vie une passion pour Alexandre le Grand, qu'il n'a jamais partagée avec personne. Je me suis toujours senti, comme lui, un peu étranger partout où je vivais. C'est sans doute plus facile en ville où l'on se sent moins regardé. C'est un douloureux sentiment de culpabilité dont on ne pense qu'à se débarrasser, et l'art, quand on s'y consacre avec acharnement, est d'un grand réconfort.Il fait découvrir une autre communauté, tisse d'autres liens. Le cinéma m'a permis de jeter ma bouteille à la mer. (A suivre)
Nouri Bilge Ceylan, in Télérama 3225 du 02/11/2011.