Le 16 septembre, à l'Atelier 210 de Bruxelles, j'ai assisté à un spectacle original et plus que déconcertant: gênant? Déstabilisant? Inquiétant? Mais il faut inquiéter les consciences dont la pente naturelle est la somnolence.
Création du Duo renversant constitué par Eno Krojanker et Hervé Piron, Enhervé ou Hervéno - on va comprendre que la fusion des noms n'est pas qu'un jeu graphique.
Le prétexte et l'amorce de la pièce sont d'exciter l'empathie du spectateur en lui jouant une scène tragique remontant à l'enfance du comédien. Tragique et ridicule puisqu'Eno, seul sur une scène organisée et commentée par Hervé, meneur d'un jeu trouble, est habillé, comme à 7 ans d'un short à fleurs et d'un tee-shirt. Il rejoue la perte de son ours en peluche, lors d'une promenade.
Déjà, le rapport sado-masochiste des comparses s'établit sous nos yeux, Eno étant copieusement aspergé et trempé par un Hervé pas net et peu suspect de bienveillance. Celui-ci cherche-t-il réellement à susciter la compassion du public ou feint-il - avec la complicité naïve d'Eno - de provoquer une empathie de commande?
Le vrai projet du meneur de jeu est plus glauque. Sans vouloir déflorer l'évolution de l'action, on peut dire que le narcissisme et la mégalomanie en sont les moteurs principaux. Eno devient une matière taillable et modulable. On se souvient de Petit déjeuner orageux un soir de carnaval (en 2009) et de la relation perverse qui s'établissait entre les deux personnages: ici la notion de perversité, voire de perversion, est dépassée, car l'un engloutit l'autre, jusqu'à la folie.
Mégalomanie? Au grand galop sur son petit dada/ A grandes guides avec son petit moi, Hervé, à l'instar du pharaon qui se fit représenter plus grand que nature dans le dessin d'une chasse aux crocodiles, et qui, inversant la démesure, s'offrit comme un géant qui chassait des lézards, Hervé se ridiculise pathétiquement.Le chat se mire dans l'andouille qu'il convoite, et l'acteur se mire dans une image gonflée de sa tripe. Amour dédoublé de soi, amour objectif, le narcissisme est un amour paradoxal mais logique pour un acteur contraint par contrat de s'identifier sans fin à d'autres. Le narcissisme est la revanche de l'acteur, le contrepoids de la balance. Narcisse acteur manifeste une forme d'homosexualité "autotélique", une homosexualité dont l'objet et la fin se rencontrent dans l'individu même qui la projette.
Narcisse se convoite lui-même et convoite le monde à travers lui-même. Voulant être à la fois le monde tout entier et admiré de ce même monde devenu lui-même, il s'enferme dans une folie aporétique.
Le narcissisme est le pire et le plus délicieux des incestes: il promet une jouissance sans fin mais sans fin reportée. Le seul salut de Narcisse serait la religion: s'aimer en Dieu, sans cesser de s'aimer en soi, puisque la religion nous enjoint d'aimer notre prochain comme nous-même.
C'est toujours un peu dangereux de s'attacher à qui que ce soit et surtout de s'attacher à soi. Le pouvoir, et l'aspiration au pouvoir rendent fou. Celui qui se place hors la loi humaine échappe du même coup à sa protection et plonge dans le néant. Niant le monde, Narcisse se nie lui-même.
dimanche 20 septembre 2015
jeudi 3 septembre 2015
Michel Audiard et Frédéric Dard
L'audiard et le Dard se la jouent pouët-pouët, se martèlent les flancs pour en faire jaillir le vent bruyant du mot qui claque ou de l'expression qui fouette. On sourit parfois, mais ça sent la forge, le remugle couillard, l'au-fait mariolle et la bêche hâbleuse. leur leitmotiv est la connerie du cave, leur repoussoir. C'est qui, le cave? Nous et le monde entier. Il y a les "hommes", les affranchis, les mecs à la redresse, c'est-à-dire eux et leurs potes, leurs "poteaux", et il y a les caves: ça fait du peuple et du gibier pour ces chasseurs de bons mots gratuits sinon désintéressés.
Mais la connerie est une notion délicate, elle peut se montrer rétive voire retorse. C'est comme une manivelle, gare aux retours!
les cons, malins ou pas malins, on les trouve autant chez les émancipés comme Dard et Audiard; ce sont tout simplement ceux qui manquent de cette sensibilité imaginative qui consiste à savoir se mettre à la place d'autrui. Si vous n'avez pas assez de pénétration pour appréhender l'humain dans le con, vous êtes peut-être un con vous-même.
Pitié pour les cons, nous en venons, nous en sommes. En revanche, tous les hommes libres sont les bienvenus quand ils s'en prennent à la foutaise.
Dans L'Art de dire des foutaises (On Bullshit), Harry G. Frankfurt dénonce la connerie des puissants, qu'il appelle foutaise, parce qu'elle veut "nous la mettre", c'est-à-dire nous entuber.
"Celui qui dit une connerie, quand il est surpris, n'est pas fier de soi. Le grossiste en foutaises, lui, prospère sans crainte: la vérité n'est pas son rayon, il est à l'abri. Voilà pourquoi l'empire de la foutaise accroît son emprise, mettant sur le marché des modèles de plus en plus faciles à écouler et à dupliquer. Impuissance de la connerie, puissance de la foutaise, auraient dit les vieux maîtres." (Roger-Pol Droit).
Ce qu'il manque aux Dard et Audiard, c'est de savoir distinguer la connerie du pauvre de la foutaise du riche.
Pourquoi Audiard et Dard? parce que je viens de revoir Ne nous fâchons pas, et de lire un peu du DicoDard, tout juste paru.
Mais sorti de son rôle de San-Antonio, Dard est sans doute un homme fréquentable et un écrivain lucide, "un petit auteur dauphinois, à la sauvette, à la manque, à la con, plein de sa folie d'écrire, et qui écrit vaille que vaille, rien qui vaille beaucoup, hélas, mais en grande passion, crois-le et pardonne-lui." (Frédéric Dard, Y a-t-il un Français dans la salle?)
Quant à Audiard... Je me souviens d'une émission télévisée où il était affronté à Robbe-Grillet! Le terrorisme "littéraire" c'était ça, c'était d'être sommé de choisir entre la pontifiance et le rigolard, entre deux réalistes au sens rhétorique, le vélo-saucisson-camembert et le sadomasochisme glacé du Trans-Europe-Express.
Heureusement,en retrait du turlupin avantageux il y avait l'homme sincère, le véritable Audiard ou plutôt l'Audiard véritable et véridique, celui qui fut capable d'écrire Le jour, la nuit, et toutes les autres nuits, après la mort accidentelle de son fils.
C'est simple, la connerie: pour en sortir il suffit de ne pas s'y complaire.
Mais la connerie est une notion délicate, elle peut se montrer rétive voire retorse. C'est comme une manivelle, gare aux retours!
les cons, malins ou pas malins, on les trouve autant chez les émancipés comme Dard et Audiard; ce sont tout simplement ceux qui manquent de cette sensibilité imaginative qui consiste à savoir se mettre à la place d'autrui. Si vous n'avez pas assez de pénétration pour appréhender l'humain dans le con, vous êtes peut-être un con vous-même.
Pitié pour les cons, nous en venons, nous en sommes. En revanche, tous les hommes libres sont les bienvenus quand ils s'en prennent à la foutaise.
Dans L'Art de dire des foutaises (On Bullshit), Harry G. Frankfurt dénonce la connerie des puissants, qu'il appelle foutaise, parce qu'elle veut "nous la mettre", c'est-à-dire nous entuber.
"Celui qui dit une connerie, quand il est surpris, n'est pas fier de soi. Le grossiste en foutaises, lui, prospère sans crainte: la vérité n'est pas son rayon, il est à l'abri. Voilà pourquoi l'empire de la foutaise accroît son emprise, mettant sur le marché des modèles de plus en plus faciles à écouler et à dupliquer. Impuissance de la connerie, puissance de la foutaise, auraient dit les vieux maîtres." (Roger-Pol Droit).
Ce qu'il manque aux Dard et Audiard, c'est de savoir distinguer la connerie du pauvre de la foutaise du riche.
Pourquoi Audiard et Dard? parce que je viens de revoir Ne nous fâchons pas, et de lire un peu du DicoDard, tout juste paru.
Mais sorti de son rôle de San-Antonio, Dard est sans doute un homme fréquentable et un écrivain lucide, "un petit auteur dauphinois, à la sauvette, à la manque, à la con, plein de sa folie d'écrire, et qui écrit vaille que vaille, rien qui vaille beaucoup, hélas, mais en grande passion, crois-le et pardonne-lui." (Frédéric Dard, Y a-t-il un Français dans la salle?)
Quant à Audiard... Je me souviens d'une émission télévisée où il était affronté à Robbe-Grillet! Le terrorisme "littéraire" c'était ça, c'était d'être sommé de choisir entre la pontifiance et le rigolard, entre deux réalistes au sens rhétorique, le vélo-saucisson-camembert et le sadomasochisme glacé du Trans-Europe-Express.
Heureusement,en retrait du turlupin avantageux il y avait l'homme sincère, le véritable Audiard ou plutôt l'Audiard véritable et véridique, celui qui fut capable d'écrire Le jour, la nuit, et toutes les autres nuits, après la mort accidentelle de son fils.
C'est simple, la connerie: pour en sortir il suffit de ne pas s'y complaire.
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dimanche 23 août 2015
Etymaginaire (12)
Professeur - Administrateur bastant et diplômé de fustigations déculottées.
Maurice Blanchot (écrivain imaginaire: 1907-2002) - Le "o" étant noir dans ma vision sonore (synesthésique) des voyelles, Blanchot est à mes yeux et mes oreilles un nom oxymoresque: sémantiquement blanc, "oculairotiquement" noir; ainsi vois-je l'homme, ainsi vois-je l'écrivain. "Voir" est un verbe trop fort. Puisqu'être simultanément blanc et noir n'est pas seulement être dépourvu des couleurs du spectre, mais être dénué de couleur tout court, c'est-à-dire, en bon français, être incolore, donc invisible, photographiquement et ontologiquement parlant, l'auteur de Thomas L'obscur a pu se "définir" lui-même comme "l'ombre de rien". Ainsi Maurice Blanchot a-t-il existé aux yeux de chair du monde à la manière absente du bras contumax dans la manche du manchot.
Maurice Blanchot (écrivain imaginaire: 1907-2002) - Le "o" étant noir dans ma vision sonore (synesthésique) des voyelles, Blanchot est à mes yeux et mes oreilles un nom oxymoresque: sémantiquement blanc, "oculairotiquement" noir; ainsi vois-je l'homme, ainsi vois-je l'écrivain. "Voir" est un verbe trop fort. Puisqu'être simultanément blanc et noir n'est pas seulement être dépourvu des couleurs du spectre, mais être dénué de couleur tout court, c'est-à-dire, en bon français, être incolore, donc invisible, photographiquement et ontologiquement parlant, l'auteur de Thomas L'obscur a pu se "définir" lui-même comme "l'ombre de rien". Ainsi Maurice Blanchot a-t-il existé aux yeux de chair du monde à la manière absente du bras contumax dans la manche du manchot.
Dicodrome (15)
Cocacolonialisme - (n.m.) - Entreprise universelle dont l'emblème est Oncle Sam, arqué sur ses éperons au gras du matin, réveillant de son goulot sonore les gentils membres du camp de vacances mondial.
Etrond - Excretum de perfectionniste.
En-soi giscardien - Expression d'ontologie phénoménologique que l'alambec chuintant d'un ancien suprême et néo-vulcaniste musard transmuerait, s'il en avait verbale usance, en petite friture d'engraulidés.
Etrond - Excretum de perfectionniste.
En-soi giscardien - Expression d'ontologie phénoménologique que l'alambec chuintant d'un ancien suprême et néo-vulcaniste musard transmuerait, s'il en avait verbale usance, en petite friture d'engraulidés.
vendredi 21 août 2015
Horizons (20)
Parfois, au bord de l'eau entourée de bois, nous rencontrions une maison dite de plaisance, isolée, perdue, qui ne voyait rien du monde que la rivière qui baignait ses pieds. Une jeune femme dont le visage pensif et les voiles élégants n'étaient pas de ce pays et qui sans doute était venue, selon l'expression populaire, "s'enterrer" là, goûter le plaisir amer de sentir que son nom, le nom surtout de celui dont elle n'avait pu garder le coeur, y était inconnu, s'encadrait dans la fenêtre qui ne lui laissait pas regarder plus loin que la barque amarrée près de la porte. Elle levait distraitement les yeux en entendant derrière les arbres de la rive la voix des passants dont avant qu'elle eût aperçu leur visage, elle pouvait être certaine que jamais ils n'avaient connu, ni ne connaîtraient l'infidèle, que rien dans leur passé ne gardait sa marque, que rien dans leur avenir n'aurait l'occasion de la recevoir. On sentait que, dans son renoncement, elle avait volontairement quitté des lieux où elle aurait pu du moins apercevoir celui qu'elle aimait, pour ceux-ci qui ne l'avaient jamais vu. Et je la regardais, revenant de quelque promenade sur un chemin où elle savait qu'il ne passerait pas, ôter de ses mains résignées de longs gants d'une grâce inutile.
Proust, Combray.
Proust, Combray.
jeudi 20 août 2015
Lost in translation (Sofia Coppola)
L'ennui, l'absurde et l'amour. quel cocktail étrange. Eloge et déploration de la solitude, condition même de la rencontre. La force de l'amitié amoureuse tend ce film comme un arc. Ce qui est triste et bon c'est l'accompli. Ce qui est triste et beau c'est l'inaccompli, l'accomplissement invisible et toujours inachevé du Stay hungry, la contemplation douloureuse du mystère d'être, en quête incessante d'une plénitude impossible. Lost in translation n'est pas un film mais une oeuvre d'art.
L'ennui est ici à la fois l'arrière-plan et le plan frontal. Il occupe l'espace et le temps, engloutit parfois les protagonistes jusqu'à les réduire à un point. Mais ils vont grandir.
L'Ennui, c'est la nostalgie d'une nécessité qui donnerait du sens à l'absurdité accablante qui englue les personnages. L'ennui est comme une eau qui stagne au fond de l'âme, remplissant tous les vides, un noyeur de joie, une peine sans visage. la prose cafardeuse pleine de bruits et de lumières absurdes, un ennui gigantesque à la mesure du gigantisme fantasmagorique d'une ville hallucinante et champignonnesque.
Mais si les aliénés s'ennuient de front dans le "divertissement", les êtres libres s'ennuient seuls ou à deux.
Dans un monde où le vide a pris l'apparence du plein, le réel et les autres semblent irréels. L'homme mûr et la très jeune femme qui se rencontrent (dans le sens où ils s'accordent) n'ont pas d'âge et leur différence de sexe n'ajoute qu'un peu de douceur à leur entente. Au contraire de la masse entropique, ils ont une consistance, ils sont contemporains. L'ennui est leur point de départ, presque leur tremplin. Pris séparément, peut-être sont-ils aussi insignifiants et incongrus que les particules sans nom qui circulent autour d'eux. Leur rencontre, c'est leur originalité commune, le nouvel être dans lequel ils se mettent à exister. Le hasard nécessaire où vient se dissoudre la nostalgie. "Deux absences qui [cherchaient] la même chose au même endroit" (Georges Perros) ont enfanté une présence unique.
Que cette rencontre doive avoir une fin lui confère un rayonnement pur. La mort ne peut pas faire que la vie n'ait pas été, et ce qui a été est inscrit dans l'éternité. Tout est vie dans la rencontre, comme un éclair qui fait jaillir le monde dans sa lumière infinie. Et malgré le noir qui revient, on vivra toujours dans cette lumière.
L'ennui est ici à la fois l'arrière-plan et le plan frontal. Il occupe l'espace et le temps, engloutit parfois les protagonistes jusqu'à les réduire à un point. Mais ils vont grandir.
L'Ennui, c'est la nostalgie d'une nécessité qui donnerait du sens à l'absurdité accablante qui englue les personnages. L'ennui est comme une eau qui stagne au fond de l'âme, remplissant tous les vides, un noyeur de joie, une peine sans visage. la prose cafardeuse pleine de bruits et de lumières absurdes, un ennui gigantesque à la mesure du gigantisme fantasmagorique d'une ville hallucinante et champignonnesque.
Mais si les aliénés s'ennuient de front dans le "divertissement", les êtres libres s'ennuient seuls ou à deux.
Dans un monde où le vide a pris l'apparence du plein, le réel et les autres semblent irréels. L'homme mûr et la très jeune femme qui se rencontrent (dans le sens où ils s'accordent) n'ont pas d'âge et leur différence de sexe n'ajoute qu'un peu de douceur à leur entente. Au contraire de la masse entropique, ils ont une consistance, ils sont contemporains. L'ennui est leur point de départ, presque leur tremplin. Pris séparément, peut-être sont-ils aussi insignifiants et incongrus que les particules sans nom qui circulent autour d'eux. Leur rencontre, c'est leur originalité commune, le nouvel être dans lequel ils se mettent à exister. Le hasard nécessaire où vient se dissoudre la nostalgie. "Deux absences qui [cherchaient] la même chose au même endroit" (Georges Perros) ont enfanté une présence unique.
Que cette rencontre doive avoir une fin lui confère un rayonnement pur. La mort ne peut pas faire que la vie n'ait pas été, et ce qui a été est inscrit dans l'éternité. Tout est vie dans la rencontre, comme un éclair qui fait jaillir le monde dans sa lumière infinie. Et malgré le noir qui revient, on vivra toujours dans cette lumière.
mercredi 19 août 2015
Horizons (19)
Cela va contre le secret de ma vie.
dans la mesure où l'aimée détourne tout événement vers elle, je cesse, en moi, d'être vrai; car il semble que coule alors vers elle, dans le courant qui dure, même cela dont je ne puis disposer. C'est, pour une part, la faute de sa volonté; pour une autre, cette usurpation tient au seul fait de son existence. Elle a métamorphosé dans le coeur de l'amant le paysage et y occupe un lieu très profond: la vallée, vers laquelle tout s'écoule.
Rainer Maria Rilke, Le Testament.
dans la mesure où l'aimée détourne tout événement vers elle, je cesse, en moi, d'être vrai; car il semble que coule alors vers elle, dans le courant qui dure, même cela dont je ne puis disposer. C'est, pour une part, la faute de sa volonté; pour une autre, cette usurpation tient au seul fait de son existence. Elle a métamorphosé dans le coeur de l'amant le paysage et y occupe un lieu très profond: la vallée, vers laquelle tout s'écoule.
Rainer Maria Rilke, Le Testament.
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